Pornographie le 6/02/08
Depuis quelques jours fleurissent sur les emplacements publicitaires de notre agglomération, les affiches vantant le salon Erotica qui fait suite à la manifestation Exxotica qui eut lieu en septembre dernier à Labége.
Sans être partisane d’une quelconque interdiction de ces évènements, je dois dire que cet étalage m’interroge au même titre d’ailleurs que les unes de certains magazines affichées complaisamment aux devantures de nos maisons de la presse ou plus encore à l’utilisation de masse du ressort érotique dans la publicité en général.
Il ne me semble pas nécessaire de montrer une femme ou un homme nu pour vendre des yaourts ou des voitures. Au regard de ces campagnes publicitaires qui nous sont imposées, je ne crois pas faire preuve d’un puritanisme conservateur en disant que notre société se « pornographise ». Pour ma part je ne demande pas la censure mais le simple respect.
Or cette situation pose deux difficultés majeures. D’une part l’on impose à nos enfants, à nos jeunes une vision du corps trompeuse et très peu valorisante. En effet le corps et la sexualité deviennent finalement et seulement des valeurs marchandes.
Celui qui, par malheur, n’entre pas dans les canons de la norme ainsi édictée est définitivement rejeté.
Est-il donc si étonnant que s’épanouissent psychoses, frustrations et comportements à risques, violents ou contre nature ? Je crois que l’on peut utilement s’interroger sur les conséquences pour nos enfants mais aussi pour la société de la banalisation de la sexualité et sa réduction aux seules notions de désir et de plaisir.
Est-il souhaitable que plus de la peur que les femmes’en smoitié des élèves de 5ème aient déjà vu un film à caractère pornographique ? Est-ce cela l’éducation sexuelle que nous souhaitons pour nos têtes blondes ?
D’autre part il est à craindre que ces différentes atteintes à la dignité de la femme ne finissent par la rabaisser au rang d’objet de convoitise au mieux, d’objet utilitaire au pire. A l’heure où l’on se mobilise contre les violences faîtes aux femmes, il est paradoxal d’accepter que notre presse, nos écrans de télévision regorgent de situations où la femme est réduite à un simple argument marketing.
Comment promouvoir un réel féminisme qui respecte la femme et l’homme ?
A force de rechercher l’émancipation et la libération sexuelle, j’ai bien peur quils soient plus encore devenues esclaves.
Intervention du Premier ministre au Forum économique mondial de Davos
Monsieur le professeur,
mesdames et messieurs,
France on the move !
On ne peut pas mieux décrire ce qui se passe en France depuis 8 mois. C’est la première fois qu’un chef du gouvernement français se déplace à Davos pour le World economic forum !
Ma présence, aujourd’hui, est un symbole : celui d’une France qui veut parler à tout le monde, d’une France qui veut participer à tous les forums internationaux, d’une France qui veut réoccuper toute sa place dans les grands débats sur l’avenir de l’économie mondiale. D’autant que cet avenir ne va pas de soi !
Les interrogations sont nombreuses sur le fonctionnement de l’économie mondialisée. La crise des « subprimes », le sérieux décrochage des marchés d’action en début de semaine font peser des menaces sur la croissance mondiale et altèrent la confiance. L’urgence commande de rétablir cette confiance. Comment ?
D’abord en faisant toute la transparence sur l’exposition aux « subprimes » des acteurs financiers. Ensuite en renforçant la coordination des autorités de régulation. Cette crise pose en effet la question de la régulation des marchés financiers. La liberté sans régulation c’est le désordre.
Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown avaient d’ailleurs, dès cet automne, fait des propositions dans ce sens. Il est temps que des mesures concrètes soient prises.
Il est vrai que l’Europe se trouve dans une situation conjoncturelle différente des Etats-Unis. Les fondamentaux de l’économie européenne sont globalement sains et cela vaut particulièrement pour la France. Chez nous, les ménages sont peu endettés, les résultats des entreprises sont bons, le marché immobilier résiste, la situation de l’emploi continue d’être bien orientée.
Mais la France n’est pas un pays isolé ! Et cette mauvaise passe conjoncturelle nous commande, plus que jamais, de faire en France les réformes structurelles dont nous avons besoin.
J’aime mon pays. Comme tous les français je supporte mal qu’il soit décrié. Quand j’ai lu, en octobre 2006 le portrait qu’en faisait « The Economist » je me suis promis de tout mettre en œuvre pour en rétablir l’image ! Que disait ce magazine britannique et néanmoins vénérable ? “Something seems very wrong with this country, (...) ’the sick man of Europe’ appears beset now by political and economic instability and by civil unrest and disorder (...) Alarmist talk about France has become commonplace. Home-grown titles such as “France in Freefall”, “Gallic Illusions” and “France’s Malheur” crowd the bookshelves. (...) “Declinism” has become a school of thought. Pessimism prevails.”
Si je rappelle les traits peu flatteurs sous lesquels la presse internationale peint parfois mon pays, ce n’est pas pour alimenter la caricature !
Ce que je suis venu vous dire, c’est que les clichés qui ont cours au sujet de la France appartiennent au passé.
La première idée reçue sur la France, ce serait sa soi-disant déprime chronique.
Ca, c’est la France d’hier. Nous sortons d’une longue période d’immobilisme et d’hésitations. Notre pays a connu une crise de confiance, due au fait que les majorités qui se sont succédées depuis un quart de siècle ne tenaient pas leurs engagements et appréhendaient de réformer en profondeur.
Eh bien, l’élection de 2007 a balayé cette situation. Les Français y ont massivement participé, alors même qu’ils se rendaient de moins en moins aux urnes. Ils ont manifesté une volonté de rupture et une adhésion à un projet réformiste clairement assumé. Ils ont donné le signal d’une évolution des mentalités en choisissant une équipe qui a réfuté toutes les vieilles idées qui sonnaient faux :
non, l’entreprise n’est pas l’ennemie du salarié ;
non, le travail n’est pas une aliénation mais une valeur émancipatrice ;
non, la mondialisation n’est pas une option, mais un fait !
Le symbole de ce nouvel état d’esprit, c’est notre réforme des régimes spéciaux de retraites qui avait fait reculer tous les gouvernements. Pour la première fois depuis longtemps, le gouvernement n’a pas renoncé devant les grèves, qui ont duré 9 jours. Sa fermeté est allée de pair avec un dialogue permanent avec les syndicats.
Et pour la première fois depuis longtemps, près de 70% des Français ont soutenu la réforme, alors même qu’ils étaient handicapés par la grève des transports publics.
Cette évolution des mentalités, c’est aussi le résultat d’un choix politique : celui de l’ouverture.L’affrontement binaire, camp contre camp, a fait perdre du temps à la France. Avec Nicolas Sarkozy, le gouvernement s’ouvre à toutes les compétences et à des personnalités de la gauche et du centre.
Pour beaucoup d’observateurs, la France serait aussi le pays qui hésiterait à voir la réalité économique telle qu’elle est.
Ca, c’est la France d’avant.
Notre pays est conscient de son décrochage et il n’esquive plus les faits. Nous avons grosso modo un point de croissance de moins et un point de chômage en plus que les meilleurs pays européens, et ceci depuis longtemps. Avec Nicolas Sarkozy, nous avons entrepris de réveiller l’économie française en valorisant le travail, le mérite et la prise du risque.
Dès notre arrivée au pouvoir, nous avons pris des mesures pour stimuler le recours aux heures supplémentaires. En l’espace de deux mois, la moitié des entreprises font profiter leurs salariés de cette possibilité de gagner plus en travaillant plus.
Nous avons allégé les droits de succession et de donation, ainsi que l’impôt sur la fortune en permettant qu’il soit réinvesti dans les PME.
Nous avons édicté une règle de bon sens : personne ne doit payer en impôts plus que la moitié de ce qu’il gagne. Et cette décision, dans le pays qui a connu un de ses débats économiques les plus polémiques lors de la création de l’impôt sur le revenu en 1913-1914, s’est appliquée sans bruit et sans fureur. Car tous les Français comprennent que la réussite des uns entraîne celle des autres.
Nous réformons pour libérer celui qui entreprend et pour mettre de la concurrence partout où elle est nécessaire pour stimuler la créativité et abaisser les prix au bénéfice des consommateurs.
Nous préparons une remise à plat complète de notre fiscalité, et notamment celle des entreprises pour la rendre à la fois moins complexe et moins lourde. Une commission présidé par Jacques Attali et dans laquelle siégeaient plusieurs personnalités étrangères comme Mario Monti, vient de faire 316 propositions pour lever les freins qui pèsent sur notre croissance, et, dès les prochains mois, la majorité d’entre-elles seront mises en œuvre.
Autre cliché récurrent, la France serait le pays où « l’on fait grève avant de négocier ».
Les choses changent comme le prouve le récent compromis élaboré entre le patronat et les syndicats sur la réforme du marché du travail. Contrairement à nos vieilles habitudes centralisatrices, nous avons donné aux organisations syndicales une feuille de route précise, avec des échéances claires afin de moderniser le marché du travail et bâtir une « flexsécurité à la française ».
Les partenaires sociaux ont pris leurs responsabilités. Un accord vient d’être trouvé autour d’un contrat de mission pour les cadres, de l’allongement des périodes d’essai, et de la rupture par consentement mutuel du contrat de travail pour éviter les procédures judiciaires sans fin.
On parle désormais de flexibilité, alors que ce mot était quasiment tabou il y a à peine un an ! Une nouvelle négociation vient de s’ouvrir : elle concerne la représentativité des syndicats et les règles de validation des accords.
Mon ambition, c’est que grâce au renouveau du dialogue social, la France adopte pleinement la culture de la concertation et du compromis, et cela au plus près des entrepreneurs et des salariés : c’est-à-dire dans l’entreprise.
Ces réformes convergent vers l’effacement d’une autre image dont nous entendons nous libérer : celle du pays dans lequel le chômage de masse serait une fatalité.
Cette fatalité là, c’est celle de la France d’hier. Aujourd’hui, notre taux de chômage est historiquement bas, puisqu’il est au niveau de 1982, à 7,9%. Malgré cette performance, nous sommes encore au 24ème rang des pays européens.
5% de chômeurs en 2012 : c’est notre objectif ! Pour mieux encadrer les demandeurs d’emplois, nous avons lancé un processus de fusion entre l’organisme qui a la responsabilité d’indemniser les chômeurs et celui qui a pour mission de leur trouver un travail.
« Le travail doit payer plus que l’assistance ! ». Cette phrase, on l’a entendue dans tous les colloques depuis 15 ans en France. Nous sommes passés à l’acte avec la création d’un revenu de solidarité active et la lutte contre les fraudes aux prestations sociales. Enfin, nous voulons augmenter le taux d’emploi des salariés âgés, qui est chez nous extrêmement bas, et qui est une des causes de nos difficultés, aussi bien en termes de croissance que de déficit des comptes sociaux. Notre stratégie commence à obtenir des résultats : sur les quatre derniers trimestres, la France a créé 312 000 emplois dans le secteur concurrentiel, et elle a créé 321 000 entreprises en 2007, en progression de 18 % par rapport à 2006.
Si on vous demandait de citer un pays où la dépense publique est insuffisamment rationalisée, vous seriez tentés de répondre « la France ».
Si la France d‘hier était peu scrupuleuse sur ce sujet, celle d’aujourd’hui le prend très au sérieux. Notre endettement public n’a cessé de croître depuis 1974. Nous voulons mettre un terme à cette spirale. Notre objectif est simple : retrouver l’équilibre des finances publiques au terme du quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Et pour cela, nous avons décidé de geler les dépenses de l’Etat et les concours aux collectivités territoriales.
Nous avons engagé une réforme profonde de notre organisation publique, en supprimant les organismes qui n’ont plus leur utilité, en fusionnant ceux qui sont redondants, en évaluant le coût et l’efficacité de toutes nos politiques publiques. Depuis que la France s’est dotée d’un Etat moderne après la Révolution, on peut dire que le nombre de ses agents n’a fait qu’augmenter.
En 2007, nous prenons un virage historique, en supprimant un poste de fonctionnaire sur deux partants à la retraite, et il en sera ainsi durant les quatre prochaines années.
L’assainissement des dépenses publiques est un projet de longue haleine. Je le mènerai sans faillir, et, au terme du quinquennat, nos finances publiques seront en ordre.
Au chapitre des clichés, il y a aussi les cartes postales : le patrimoine, les petits villages « so pittoresque », le grand siècle de Louis XIV.
Remarquez : cette image a du vrai et du bon ! Mais nous refusons de devenir un pays musée. Nous prenons le virage de l’économie de l’intelligence.
Nous avons, sans attendre, lancé la réforme de nos universités pour qu’elles aient davantage de souplesse de gestion.
Nous avons augmenté considérablement le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous allons le booster de 10 % tous les ans pendant les cinq années qui viennent, alors même que les autres dépenses de l’Etat sont stabilisées ou réduites.
Nous avons décidé de tripler les incitations fiscales en faveur de la recherche. Sachez que si vous vous implantez en France, vous avez un crédit d’impôt sur les bénéfices pour toutes vos dépenses de recherche et développement qui est de 50 % les deux premières années, puis 30 % en régime de croisière. A quoi s’ajoutent d’autres incitations spécifiques.
Pour améliorer la productivité des entreprises françaises, nous investissons à marche forcée dans les secteurs des technologies stratégiques. Le soutien aux petites et moyennes entreprises a été entièrement réformé pour aider les entreprises à forte croissance à grandir. Et puis, nous avons créé un statut fiscal très privilégié pour les jeunes entreprises innovantes : c’est à l’amorçage que c’est le plus dur ; c’est à ce moment-là qu’il faut concentrer les aides.
Comment se tourner vers l’avenir sans réconcilier l’économie et l’écologie ?
Sans comprendre que le développement durable n’est plus une option, mais une nécessité vitale ? Comme l’écrivait Léopold Senghor : « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».
Nous nous sommes livrés à un exercice original, le « Grenelle de l’environnement » qui a associé l’Etat, les collectivités locales, les organisations syndicales et les associations, pour définir un programme concret qui met la croissance au service du développement durable.
Et puis, il y a « La France, pays qui a dit non à l’Europe » lors du référendum de 2005.
Conscients de notre part de responsabilité dans cette impasse, nous avons tout mis en œuvre pour aider l’Europe à en sortir. Nous l’avons fait en proposant le Traité de Lisbonne, qui donne à l’Europe des institutions qui vont lui permettre de repartir de l’avant.
En tant que présidente de l’Union européenne à partir de juillet, la France compte bien démontrer qu’elle est de retour dans l’Europe et pour l’Europe.
J’en terminerai avec une opinion communément admise sur la France et qui, cette fois-ci, est vraiment un préjugé.
On dit parfois que la France est un pays frileux face à l’ouverture des marchés, qui voit la mondialisation d’un mauvais œil.
C’est une illusion d’optique ! Nous sommes le 5ème pays exportateur de biens (et le 3ème pour les services), la 1ère destination touristique mondiale, le 3ème pays d’accueil des investissements dans le monde.
En réalité, les Français n’ont pas peur de la mondialisation, mais ils veulent y être mieux préparés pour agir et pas subir.
Comme vous, nous pensons que l’ouverture des marchés est la clé de la prospérité et du développement. Mais cela n’exclut pas un langage de vérité quand les conditions de la concurrence sont faussées. Avec nos partenaires européens, nous voulons faire davantage pour lutter contre les obstacles aux échanges et aux investissements, contre les pratiques commerciales contraires aux règles de l’OMC, contre la violation des droits de propriété intellectuelle.
Nous ne devons pas non plus ignorer les immenses défis que la mondialisation engendre, notamment en matière sociale ou environnementale.
Nous devons définir des politiques d’accompagnement pour les plus vulnérables, des politiques publiques adaptées comme le trade adjustment act aux Etats-Unis ou le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation.
Les développements récents nous rappellent tous les jours que la stabilité des marchés financiers est vitale pour nos économies. Elle n’est pas acquise ! Avec nos partenaires européens, nos alliés du G8, les institutions financières internationales, nous devons renforcer la transparence des marchés et assurer la plus grande responsabilité de tous les acteurs intervenant sur les marchés financiers.
Christine Lagarde a obtenu de ses homologues européens que nous réfléchissions sur le rôle des agences de notation, le développement de règles internationales sur la liquidité des banques et le renforcement du rôle du FMI.
Nous pensons aussi qu’il est temps d’améliorer la coopération entre les superviseurs des marchés financiers européens. C’est le message que portera le Président Sarkozy à l’occasion de la réunion des Européens du G8 le 29 janvier prochain.
Ici, à Davos, nous ne sommes pas seulement les observateurs d’une mondialisation parée de toutes les vertus. Notre monde a besoin de régulation et d’équilibre.
Pour cela, il faut œuvrer à la réforme des institutions multilatérales.
En particulier, la France mettra tout en œuvre pour que le G8 devienne progressivement un G13 en intégrant la Chine, le Brésil, l’Inde, le Mexique et l’Afrique du Sud. Et elle continuera à se battre pour que l’Allemagne, le Japon, le Brésil, l’Inde deviennent membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, avec une représentation équitable du continent africain.
La Banque Mondiale et le FMI doivent être repensés. Dominique Strauss-Kahn et Robert Zoellick ont pour mandat de renforcer la voix des pays en développement en échange d’une plus grande acceptation par ces derniers des disciplines collectives.
Mesdames et Messieurs,
La France change. Mon gouvernement a déjà réformé plus que tout autre gouvernement en huit mois.
Cette dynamique ne s’arrêtera pas. Elle enrichit des constantes, des traits de caractères permanents qui font que la France est ... la France ! Il y a cette intelligence et cette créativité qui expliquent que nos salariés aient une productivité horaire si élevée.
Il y a aussi cet art de vivre, cette croyance en l’autorité de l’Etat, ce souci de la qualité du service public, cette conscience de n’être nous mêmes que dans la grandeur.
La France change, mais les Français restent fidèles à eux-mêmes dans leur impatience, je veux dire dans leur esprit rebelle qui les pousse toujours à vouloir aller plus loin et plus haut.
C’est un défi que le Premier ministre que je suis doit relever tous les jours !
La république vacille 18/01/08
Stupeur et tremblements, tonnerre dans le ciel serein de notre intelligencia politique nationale.
Le Président de la République lui-même, dans le cadre officiel de deux discours, qui plus est prononcés en terres étrangères, a souligné d’une part les racines chrétiennes de la France, mais a d’autre part mis en exergue l’étroite et nécessaire imbrication de la religion et de la civilisation.
Les tenants de l’athéisme déicide brandissant le gonfanon de la laïcité anticléricale et de l’utopie humaniste, héritiers des lumières révolutionnaires, agitent déjà le spectre d’une destitution de M. Sarkozy. Comment pourrait-il en être autrement ? Un homme sensé, doué de toutes ses facultés mentales, investi de la plus haute autorité de l’état peut-il ainsi confesser publiquement son attachement à des superstitions digne de l’Ancien Régime ? Les chastes oreilles de nos libres penseurs s’offusquent de mots si grands que pour eux, ils en deviennent gros. La religion est certes l’opium du commun mais pas celui des gardiens de la République laïque voire laïcarde.
Les polémiques dont se gonflent certains, sans doute pour exister encore, ont de vieux relents de Terreur, sans doute aussi quelques remugles de colonnes infernales…La France partage avec certains pays musulmans l’existence d’une police religieuse qui si elle n’est officielle n’en est pas moins zélée et efficace. Il n’est qu’en France où la laïcité n’appelle pas au dialogue et au respect mais plutôt au combat et à l’affrontement. C’est une conception que je ne partage pas.
Nos vieux éléphants qu’accompagnent de jeunes loups en une union improbable pour la sauvegarde des fondements de notre République, sont prêts à rallumer les violences et les frondes qui ont accompagnées l’application des lois d’oppression des communautés catholiques françaises. Cette démarche me paraît être aussi partisane qu’irresponsable à l’heure où notre pays doit s’unir pour se réformer. Nos concitoyens sont loin de ces oppositions idéologiques stériles.
Attelons-nous davantage à apporter aux français plus de sécurité, plus de confiance, plus d’avenir. Ces querelles sont d’un autre temps et se conjuguent mal avec les réels problèmes de notre société.
ALLOCUTION DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE - ROME - JEUDI 20 DECEMBRE 2007
DANS LA SALLE DE LA SIGNATURE DU PALAIS DU LATRAN
Messieurs les cardinaux,
Mesdames et Messieurs,
Et si vous le permettez, chers amis,
Permettez-moi d‘adresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très
chaleureusement de la cérémonie qu‘il vient de présider. J‘ai été sensible aux prières qu‘il a bien voulu
offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour l‘accueil qu‘il
m‘a réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre.
Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît
XVI mes sincères remerciements pour l‘ouverture de son palais pontifical qui nous permet de nous
retrouver ce soir. L‘audience que le Saint Père m‘a accordée ce matin a été pour moi un moment
d‘émotion et de grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père l‘attachement que je porte à son projet de
déplacement en France au deuxième semestre de l‘année 2008. En tant que Président de tous les
Français, je suis comptable des espoirs que cette perspective suscite chez mes concitoyens catholiques
et dans de nombreux diocèses. Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le
bienvenu en France.
***
En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d‘honneur de cette
basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s‘est transmis depuis lors à presque
tous les chefs d‘Etat français, j‘assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si
longtemps uni notre nation à l‘Eglise.
C‘est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l”Eglise. Les faits sont là. En
faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur
le destin de la France et sur la christianisation de l‘Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au
long de son histoire, les souverains français ont eu l‘occasion de manifester la profondeur de
l‘attachement qui les liait à l‘Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas œ de la conquête par
Pépin le Bref, des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne
représentation diplomatique.
Au-delà de ces faits historiques, c‘est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la
société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la
France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont
essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution
exceptionnelle. Contribution spirituelle, contribution morale par le foisonnement de saints et de saintes
de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette
de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de
Foucauld… Contribution littéraire, contribution artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à
Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère
à Benoît XVI, Blaise Pascal, Bossuet, Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, Yves Congar,
René Girard… Qu‘il me soit permis de mentionner également l‘apport déterminant de la France à
l‘archéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi qu‘à l‘exégèse
biblique, avec en particulier l‘Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem.
Je veux évoquer parmi vous ce soir la figure du cardinal Jean-Marie Lustiger qui nous a quittés cet été.
Je veux dire que son rayonnement et son influence ont eux aussi très largement dépassé les frontières
de la France. J‘ai tenu à participer à ses obsèques car aucun Français, je l‘affirme, n‘est resté
indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits, et permettez-moi de le dire,au mystère de
sa conversion. Pour moi et pour tous les catholiques, sa disparition a représenté une grande peine.
Debout à côté de son cercueil, j‘ai vu défilé ses frères dans l‘épiscopat et les nombreux prêtres de son
diocèse, et j‘ai été touché par l‘émotion qui se lisait sur le visage de chacun.
***
Cette profondeur de l‘inscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se
manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie et aux
responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard,
le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont l‘action, je n‘hésite pas à le dire, honore la France.
Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux
établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il
y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine d‘honneur de
Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce n‘est pas rien, tout de même. C‘est la cathédrale du
Pape, c‘est la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », c‘est une église chère au
cŒur des Romains. Que la France soit liée à l‘Eglise catholique par ce titre symbolique, c‘est la trace
de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France
beaucoup compté pour le christianisme Et c‘est donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle,
comme Valéry Giscard d‘Estaing, comme Jacques Chirac, que je suis venu m‘inscrire avec bonheur
dans cette tradition.
***
Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays.
Je sais les souffrances que sa mise en Œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les
prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que l‘interprétation de la loi de 1905
comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie,reconnaissons le, cher Max Gallo,
une reconstruction rétrospective du passé. C‘est surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la
Grande guerre, par le partage de leurs souffrances, que les prêtres et les religieux de France ont
désarmé l‘anticléricalisme ; et c‘est leur intelligence commune qui a permis à la France et au Saint-
Siège de dépasser leurs querelles et de rétablir leurs relations.
Pour autant, il n‘est plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourd‘hui une
liberté : la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de pratiquer une religion et la liberté d‘en
changer, de religion, la liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires,
la liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions,
la liberté de ne pas être discriminé par l‘administration en fonction de sa croyance.
La France a beaucoup changé. Les citoyens français ont des convictions plus diverses qu‘autrefois.
Dès lors la laïcité s‘affirme comme une nécessité et oserais-je le dire, une chance. Elle est devenue une
condition de la paix civile. Et c‘est pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la
liberté scolaire que pour souhaiter l‘interdiction des signes ostentatoires à l‘école.
Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n‘a pas le pouvoir de couper la
France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n‘aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je
considère qu‘une nation qui ignore l‘héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un
crime contre sa culture, contre ce mélange d‘histoire, de patrimoine, d‘art et de traditions populaires,
qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c‘est perdre la
signification, c‘est affaiblir le ciment de l‘identité nationale, c‘est dessécher davantage encore les
rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire.
C‘est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines
chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité, enfin parvenue à maturité.
Voilà le sens de la démarche que j‘ai voulu accomplir ce soir à Saint-Jean de Latran.
***
Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion
catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble
les enjeux de l‘avenir et non plus seulement les blessures du passé.
Je partage l‘avis du Pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l‘espérance est l‘une des
questions les plus importantes de notre temps. Depuis le siècle des Lumières, l‘Europe a expérimenté
tant d‘idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l‘émancipation des individus, dans la
démocratie, dans le progrès technique, dans l‘amélioration des conditions économiques et sociales,
dans la morale laïque. Elle s‘est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme.
Aucune de ces différentes perspectives œ que je ne mets évidemment pas sur le même plan - n‘a été en
mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l‘existence.
Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées,
en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une
vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin »
pour reprendre les termes même de l‘encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour
autant aux questions fondamentales de l‘être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort.
Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort.
Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques et ces questions essentielles n‘ont
rien perdu de leur pertinence, et je dirais, mais bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en
plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, l‘accumulation de
biens, soulignent chaque jour davantage l‘aspiration profonde des hommes et des femmes à une
dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent.
« Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement qu‘en réalité, ce n‘est
pas la totalité. Il paraît évident que l‘homme a besoin d‘une espérance qui va au-delà. Il paraît évident
que seul peut lui suffire quelque chose d‘infini, quelque chose qui sera toujours ce qu‘il ne peut jamais
atteindre. Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce qu‘on peut espérer
des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d‘espérance ». Ou encore,
comme l‘écrivit Héraclite, « Si l‘on n‘espère pas l‘inespérable, et bien, on ne le reconnaîtra pas ».
Ma conviction profonde, dont j‘ai fait part notamment dans ce livre d‘entretiens que j‘ai publié sur la
République, les religions et l‘espérance, c‘est que la frontière entre la foi et la non croyance n‘est pas
et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce qu‘elle traverse en vérité
chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu‘il ne
s‘interroge pas sur l‘essentiel. Le fait spirituel, c‘est la tendance naturelle de tous les hommes à
rechercher une transcendance. Le fait religieux, c‘est la réponse des religieux à cette aspiration
fondamentale qui existe depuis que l‘homme a conscience de sa destinée.
Or, longtemps la République laïque a sous-estimé l‘importance de l‘aspiration spirituelle. Même après
le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle s‘est montrée plus
méfiante que bienveillante à l‘égard des cultes. Chaque fois qu‘elle a fait un pas vers les religions,
qu‘il s‘agisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des
congrégations, elle a donné le sentiment qu‘elle agissait, allez, parce qu‘elle ne pouvait pas faire
autrement. Ce n‘est qu‘en 2002 qu‘elle a accepté le principe d‘un dialogue institutionnel régulier avec
l‘Eglise catholique. Qu‘il me soit également permis de rappeler les critiques virulentes et injustes dont
j‘ai été l‘objet au moment de la création du Conseil français du culte musulman. Aujourd‘hui encore,
la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refusant de reconnaître un
caractère cultuel à l‘action caritative, en répugnant à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans
les établissements d‘enseignement supérieur catholique, en n‘accordant aucune valeur aux diplômes de
théologie, considérant qu‘elle ne doit pas s‘intéresser à la formation des ministres du culte.
Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. Bien sûr, ceux qui ne croient pas
doivent être protégés de toute forme d‘intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c‘est
un homme qui espère. Et l‘intérêt de la République, c‘est qu‘il y ait beaucoup d‘hommes et de femmes
qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la
disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n‘ont pas rendu les Français plus heureux. C‘est une
évidence.
Et puis je veux dire également que, s‘il existe incontestablement une morale humaine indépendante de
la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu‘il existe aussi une réflexion morale inspirée de
convictions religieuses. D‘abord parce que la morale laïque risque toujours de s‘épuiser quand elle
n‘est pas adossée à une espérance qui comble l‘aspiration à l‘infini. Ensuite et surtout parce qu‘une
morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques
et finalement à la facilité. Comme l‘écrivait Joseph Ratzinger dans son ouvrage sur l”Europe, « le
principe qui a cours maintenant est que la capacité de l‘homme soit la mesure de son action. Ce que
l‘on sait faire, on peut également le faire ». A terme, le danger est que le critère de l‘éthique ne soit
plus d‘essayer de faire ce que l‘on doit faire, mais de faire ce que l‘on peut faire. Mais c‘est une très
grande question.
Dans la République laïque, l‘homme politique que je suis n‘a pas à décider en fonction de
considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées
notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences
immédiates. Toutes les intelligences, toutes les spiritualités qui existent dans notre pays doivent y
prendre part. Nous serons plus sages si nous conjuguons la richesse de nos différentes traditions.
C‘est pourquoi j‘appelle de mes vŒux l‘avènement d‘une laïcité positive, c‘est-à-dire d‘une laïcité qui,
tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les
religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne s‘agit pas de modifier les grands équilibres de la
loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il s‘agit en
revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et d‘avoir pour principe de
faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à le leur compliquer.
***
Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, au terme de mon propos, et à quelques jours de cette
fête de Noël qui est toujours un moment où l‘on se recentre sur ce qui est le plus cher dans sa vie, je
souhaiterais me tourner vers ceux d‘entre vous qui sont engagés dans les congrégations, auprès de la
Curie, dans le sacerdoce, l‘épiscopat ou qui suivent actuellement leur formation de séminariste. Je
voudrais vous dire très simplement les sentiments que m‘inspirent vos choix de vie.
Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service de Dieu et des autres.
Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je
sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux
sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves.
Sachez que nous avons au moins une chose en commun : c‘est la vocation. On n‘est pas prêtre à
moitié, on l‘est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu‘on n‘est pas non plus Président de
la République à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible
qui venait de l‘intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j‘allais
faire ce que j‘ai fait, je l‘ai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre
vocation parce que moi-même je sais ceux que j‘ai faits pour réaliser la mienne.
Ce que je veux vous dire ce soir, en tant que Président de la République, c‘est l‘importance que
j‘attache à ce que vous faites et permettez moi de le dire à ce que vous êtes. Votre contribution à
l‘action caritative, à la défense des droits de l‘homme et de la dignité humaine, au dialogue inter-
religieux, à la formation des intelligences et des cŒurs, à la réflexion éthique et philosophique, est
majeure. Elle est enracinée dans la profondeur de la société française, dans une diversité souvent
insoupçonnée, tout comme elle se déploie à travers le monde. Je veux saluer notamment nos
congrégations, les Pères du Saint-Esprit, les Pères Blancs et les SŒurs Blanches, les fils et filles de la
charité, les franciscains missionnaires, les jésuites, les dominicains, la Communauté de Sant‘Egidio
qui a une branche en France, toutes ces communautés, qui, dans le monde entier, soutiennent,
soignent, forment, accompagnent, consolent leur prochain dans la détresse morale et matérielle.
En donnant en France et dans le monde le témoignage d‘une vie donnée aux autres et comblée par
l‘expérience de Dieu, vous créez de l‘espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. C‘est une
chance pour notre pays, et le Président que je suis le considère avec beaucoup d‘attention. Dans la
transmission des valeurs et dans l‘apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l‘instituteur ne
pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s‘il est important qu‘il s‘en approche, parce qu‘il
lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d‘un engagement porté par
l‘espérance.
Je veux évoquer la mémoire des moines de Tibhérine et de Monseigneur Pierre Claverie, dont le
sacrifice portera un jour des fruits de paix, j‘en suis convaincu. L‘Europe a trop tourné le dos à la
Méditerranée alors même qu‘une partie de ses racines y plongent et que les pays riverains de cette mer
au croisement d‘un grand nombre d‘enjeux du monde contemporain. J‘ai voulu que la France prenne
l‘initiative d‘une Union de la Méditerranée. Sa situation géographique tout comme son passé et sa
culture l‘y conduisent naturellement. Dans cette partie du monde où les religions et les traditions
culturelles exacerbent souvent les passions, où le choc des civilisations peut rester à l‘état de fantasme
ou basculer dans la réalité la plus tragique, nous devons conjuguer nos efforts pour atteindre une
coexistence paisible, respectueuse de chacun sans renier nos convictions profondes, dans une zone de
paix et de prospérité. Cette perspective rencontre, me semble-t-il, l‘intérêt du Saint-Siège.
Mais ce que j‘ai le plus à cŒur de vous dire, c‘est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort
matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d‘identité, la France a besoin de catholiques
convaincus qui ne craignent pas d‘affirmer ce qu‘ils sont et ce en quoi ils croient. La campagne
électorale de 2007 a montré que les Français avaient envie de politique pour peu qu‘on leur propose
des idées, des projets, des ambitions. Ma conviction c‘est qu‘ils sont aussi en attente de spiritualité, de
valeurs et d‘espérance.
Henri de Lubac, ce grand ami de Benoît XVI, écrivait « La vie attire, comme la joie ». C‘est pourquoi
la France a besoin de catholiques heureux qui témoignent de leur espérance.
Depuis toujours, la France rayonne à travers le monde par la générosité et par l‘intelligence. C‘est
pourquoi elle a besoin de catholiques pleinement chrétiens, et de chrétiens pleinement actifs.
La France a besoin de croire à nouveau qu‘elle n‘a pas à subir l‘avenir, parce qu‘elle a à le construire.
C‘est pourquoi elle a besoin du témoignage de ceux qui, portés par une espérance qui les dépasse, se
remettent en route chaque matin pour construire un monde plus juste et plus généreux.
J‘ai offert ce matin au Saint Père deux éditions originales de Bernanos. Je veux conclure avec lui :
« L‘avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l‘avenir, on le fait. L‘optimisme est une
fausse espérance à l‘usage des lâches. L‘espérance est une vertu, une détermination héroïque de l‘âme.
La plus haute forme de l‘espérance, c‘est le désespoir surmonté ». Comme je comprends l‘attachement
du Pape à ce grand écrivain qu‘est Bernanos.
Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue
inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de
votre courage, de votre espérance.
Je vous remercie
Airbus, une réussite européenne ? 15/12/2007

Airbus livrait voici quelques jours son 5 000 ième appareil à la compagnie Quantas.
Notre région, nos entreprises ont largement contribué à ce formidable défi technique et économique perpétuant ainsi la longue tradition toulousaine : la tête dans les étoiles mais les pieds sur terre. C’est donc légitimement je crois, que nous pouvons nous réjouir de ce succès européen.
Bien sûr, dans un secteur d’activité où la concurrence est exacerbée, le plan d’économie Power 8 et les menaces qu’ils laissent planer sur beaucoup de salariés, viennent quelque peu ternir cette grande fête du monde aéronautique hexagonal.
Le rééquilibrage des finances de l’avionneur s’il est nécessaire, ne doit pas se faire au détriment de celles et ceux qui ont fait d’Airbus une référence de qualité et de performance. Dans les arbitrages à poser, je forme le vœu que la logique des chiffres ne prévale pas sur la réalité humaine des sous-traitants et des employés.
Que la réussite d’Airbus, soit la réussite de tous.
Tempête de sable. le 14/12/2007
On peut s’interroger sur la polémique entourant le voyage de M. Kadhafi en France.
Les détracteurs de cette visite officielle conspuent notre république et ses plus hauts représentants au motif que leur invité est un ex-terroriste dont la repentance serait d’intérêt et non de cœur. On reproche aussi au dirigeant libyen son cynisme s’agissant du respect des Droits de l’Homme et de la Démocratie.
Quand bien même ces critiques acerbes reposent sur quelques indices concordants, ne sommes-nous pas finalement en train de donner à cette visite, plus de résonnance que ce quelle aurait dû avoir ? N’offrons-nous pas à M. Kadhafi une tribune rêvée d’où il peut, comme à son habitude, pratiquer son sens aigu de la provocation ?
En bref ne ferions-nous pas son jeu ?
Pour nos gouvernants, ce voyage répond je crois à deux objectifs principaux.
En premier lieu, il s’agît de montrer que le repentir est une voie offerte aux états impliqués dans le terrorisme, que se détourner de la violence constitue un réel avenir. A quoi cela rimerait-il d’appeler à l’arrêt de toute violence alors même que nous ne serions pas capable d’accueillir la main qui se tend ?
A quelle crédibilité la France pourrait-elle prétendre dans sa lutte contre le terrorisme international si elle n’était capable de regarder résolument vers l’avenir ? En outre, les vierges effarouchées qui se parent de toutes les vertus pour dénoncer cette visite, oublient sans doute que la France a aussi accueilli en leur temps M. Mandela, M. Arafat ou encore M. Bachir Al Hassad…
Enfin, ce voyage n’est pas sans conséquence financière pour notre économie. La défense de principes, aussi nobles soient-ils, ne doit pas nous isoler, nous écarter du commerce mondial. . La France ne doit pas être seulement « le pays des Droits de l’Homme ». En effet, notre pays ne peut se nourrir de cette seule idéologie et se draper dans une superbe suffisance ignorant le pragmatisme de la mondialisation. Nous n’en avons plus les moyens.
Ce n’est pas en laissant la place aux autres nations que nous pourrons diffuser l’Esprit Français.
Scoutisme. Le 10/12/2007 Depuis samedi 8 décembre, la voirie de l’agglomération toulousaine, compte un rond –point honorant le nom de Lord Baden Powel.
Pour certains de nos concitoyens, il ne s’agît que d’un illustre inconnu de plus. D’aucuns peut-être se hasarderont même à penser qu’il s’agît d’un héros oublié de l’ovalie. D’autres en revanches, auront reconnu le fondateur du scoutisme, mouvement dont nous fêtons cette année le centenaire de la création.
Ce mouvement de jeunesse s’il connaît de virulents opposants, n’en a pas moins réjoui la jeunesse de beaucoup.
A l’heure où notre société semble incapable de contenir la violence de certains jeunes, nous pouvons nous interroger sur la survivance de cet héritage. Le mouvement scout dans ses nombreuses composantes est avant tout une école de construction de la personne, de fraternité et de solidarité.
Chacun se découvre ainsi, nécessaire au groupe par ses talents propres et dépendant du groupe du fait de ses incapacités. C’est pourquoi, le scoutisme est une œuvre de socialisation et de dépassement de soi. En effet, cette humanité révélée a pour ultime vocation, de se mettre au service de la Cité.
Le scoutisme vise ainsi à former des femmes et des hommes responsables, volontaires, impliqués et constructifs. Honorer le fondateur de cette grande fraternité intergénérationnelle, c’est reconnaître le bien fondé des valeurs véhiculées par cette école de la vie.
On ne peut que remercier la municipalité de cette heureuse initiative.
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Pour la première fois dans l’histoire de notre Vème République, notre pays n’a pas de Première Dame. Quelle importance me dira-t-on ? Aucune en vérité, tant il est vrai que la fonction présidentielle reléguait l’épouse de notre président à sa seule qualité d’hôtesse.
Pour autant, cela laisse quelque peu perplexe et nourrit les chroniques des commentateurs internationaux. Faut-il voir dans le divorce présidentiel, les prémices de la fin du système matrimonial, creuset de notre civilisation ?
Car qu’on le reconnaisse ou non, la France a ses racines profondément ancrées dans le christianisme. La cellule fondamentale de notre société a toujours été le couple, homme et femme et les enfants. Il est d’ailleurs frappant de voir combien le recul de ce modèle social s’accompagne d’un délitement de notre communauté nationale, d’une hausse de la délinquance….
En premier lieu, l’altérité entre individus, homme et femme, a toujours appelé d’une part à l’acceptation de l’autre, différent de moi-même et d’autre part à la solidarité du fait de la nécessaire complémentarité. Il est illusoire, absurde, contraire à la loi naturelle de prétendre qu’homme et femme sont égaux. Comment pourrions-nous l’être puisque nous sommes naturellement, écologiquement différents. En revanche et c’est notre richesse, nous sommes complémentaires. C’est la première raison d’être du couple, première cellule de tolérance et de fraternité.
En second lieu, le couple se prolonge par la famille. N’en déplaise à certains théoriciens des pédagogies modernes, la famille reste le premier et principal lieu d’éducation de nos enfants. De ce point de vue là, fragiliser les familles c’est introduire un risque de fracture dans notre corps social. Parce que c’est dans les familles que se bâtit demain, il faut par nécessité accompagner les familles et les parents, particulièrement les plus fragiles ou les plus isolés.
Certains parents, plus souvent d’ailleurs des mères de familles, font le choix de renoncer à une activité professionnelle pour se consacrer totalement à l’éducation de leurs enfants. Quelle reconnaissance peuvent-ils attendre de notre nation ? D’autres ne peuvent pas même poser ce choix parce que les conditions financières exigent un deuxième salaire.
Quelle importance donnons-nous à l’avenir de la France ? Quelle place voulons-nous réserver à la famille dans notre pays ? Je ne veux pas croire que nos gouvernants ne se pencheront pas sur ce débat dont l’enjeu est capital et mérite un véritable Grenelle de la Famille.
France qu’as-tu fait de tes Lumières ? 4/12/2007
Notre pays a porté aux plus hautes responsabilités de l’Etat, un candidat dont le programme se résumait en deux mots : rupture et réforme. Ce choix a ensuite été confirmé par l’élection d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale.
Depuis quelques mois, cet édile a mis le gouvernement au travail. Nos ministres officient à moderniser notre pays sclérosé, gangréné, mortellement alangui par les divinités modernes : consumérisme, individualisme, avantages corporatistes et autres droits acquis.
A l’heure où notre république croule sous la dette, d’aucuns sacrifient encore au veau gras de la défense de leurs intérêts particuliers. Cette attitude si elle est pleine d’humanité et donc respectable, n’en est pas moins totalement irresponsable.
Une société n’est pas l’addition plus ou moins heureuse d’une somme d’intérêts particuliers. C’est au contraire l’acceptation d’une limitation de ses propres droits individuels. En ce sens, la démocratie n’est pas et n’a jamais été un système juste. La minorité est par essence tenue par le choix de la majorité.
Nos lois, nos institutions n’ont donc pas pour fonction de protéger telle ou telle classe, catégorie socioprofessionnelle, communauté ethnique ou religieuse… La démocratie est de fait contraignante. L’appareil législatif doit faire prévaloir l’intérêt commun sur l’intérêt particulier. L’oublier, c’est sombrer dans la dérive totalitaire du tout est permis, c’est légitimer toutes sortes de débordements.
Le blocage de nos facultés en est exemple manifeste.
Au nom de quel principe, de quel droit, une cohorte d’étudiants en colère peuvent-ils s’opposer à une décision prise par les représentants de notre peuple ? Quelle idée politique peut justifier l’occupation et la dégradation de bâtiments publics ? Quel citoyen peut s’opposer au bon fonctionnement du service public de l’enseignement ?
En démocratie, n’en déplaise à nos intellectuels de gauche ou d’extrême gauche, le pouvoir n’appartient pas à la rue. Si l’expression d’une inquiétude, d’un désarroi voire d’une colère est compréhensible, encore faut-il que celle-ci soit respectueuse des règles du bien vivre ensemble. L’épreuve de force, le blocage violent ne sont que des formes stériles de puérilité politique. C’est précisément lorsque les arguments font défaut que l’on utilise la force, c’est lorsque les idées font retraite que l’on craint la discussion ou le secret de l’isoloir.
France qu’as-tu fait de tes Lumières ?
Noël : si un enfant......
Si un enfant vit dans la critique,
Il apprend à condamner.
Si un enfant vit dans l’hostilité,
Il apprend à se battre.
Si un enfant vit dans le ridicule,
Il apprend à être gêné.
Si un enfant vit dans le soupçon,
il apprend à se sentir coupable
Si un enfant vit dans la tolérance,
Il apprend à être patient.
Si un enfant vit dans l’encouragement,
Il apprend à être confiant.
Si un enfant vit dans la reconnaissance,
Il apprend à estimer.
Si un enfant vit dans la loyauté,
Il apprend la justice.
Si un enfant vit dans la sécurité,
Il apprend à avoir foi.
Si un enfant vit dans l’approbation,
Il apprend à s’aimer lui-même.
Si un enfant vit dans l’amitié,
Il apprend à trouver l’amour dans le monde.
Que la joie et la paix de Noël vous accompagne.
Que l’enfant de la crèche vous comble.
Très Bon et joyeux Noël
Cette période de fin d’année nous offre un petit goût d’enfance. Les lumières de nos villes et de nos villages, les vitrines de nos commerçants, les promesses gourmandes de nos réveillons sont autant d’occasions de retomber dans l’émerveillement de nos jeunes années.
Nous partageons petits et grands, la joie de préparer ce qui reste dans le cœur des français comme la fête familiale par excellence, comme un temps d’heureuses retrouvailles.
Pourtant, Noël c’est aussi la fête de toutes les solitudes. Cette agitation mercantile, cette fièvre consumériste qui nous pousse à nous entasser dans la chaleur des grandes surfaces, l’anonymat d’internet ou le charme des petits magasins, nous font oublier ceux qui ne peuvent participer à cette grande frénésie.
Je pense ici à tous ceux dont le pouvoir d’achat ne permet d’envisager Noël qu’avec l’angoisse du lendemain. Je pense à nos aînés délaissés, abandonnés parfois. Je pense à nos malades cloués sur leurs lits de souffrance, à nos prisonniers. Je pense à cette multitude de personnes vivant le célibat douloureusement. Et tant d’autres encore…
Noël !!!
Ce mot autrefois, signifiait le partage charitable, l’espérance d’un monde plus juste, la fraternité ravivée. Il ne tient qu’à nous que ces mots retrouvent leur lustre. Il ne tient qu’à nous de faire que ce Noël soit chaleureux pour le plus grand nombre. Il ne tient qu’à nous de faire ce pas vers l’autre et qui a pour nom : humanité.
A tous une fois encore, je vous souhaite un très
