Lynchage
médiatique ou problème politique ?
Pourquoi nous demandons le départ de Frédéric Mitterrand
Par
l'association pour la Fondation de Service politique
De nombreux Français sont choqués par le lynchage médiatico-politique qui s'est abattu sur Frédéric Mitterrand. Certains invoquent le respect de sa vie privée, d'autres s'en tiennent aux regrets que le ministre aurait publiquement affichés ; beaucoup s'effraient d'une proximité inacceptable avec le Front national. Mais c'est l'honneur de la politique qui est en jeu. Voici pourquoi nous avons estimé devoir lancer une pétition demandant le départ de Frédéric Mitterrand. En toute indépendance.
QUAND un abcès doit être vidé, on en
maîtrise rarement les circonstances : c'est en général à chaud, au
détour d'une sale affaire et au mauvais moment qu'on est forcé d'opérer.
Vaut-il mieux y renoncer au risque de laisser le mal empirer ? Nous ne
le pensons pas. Quatre raisons plaident contre l'attitude du ministre de
la Culture et son maintien au gouvernement.
1/
L'exemplarité du responsable politique
Les égarements de
Frédéric Mitterrand sont connus du microcosme depuis toujours, mais
l'on pouvait croire que son livre de « confessions » constituait une
forme d'exorcisme, certes empreint de complaisance et de voyeurisme,
mais digne d'un certain respect à cause de la souffrance qu'il
exprimait. C'est pourquoi, lors de sa nomination aux fonctions de
ministre de la Culture, malgré toutes les réserves que celle-ci
inspirait, il nous a paru inopportun de rappeler publiquement son passé.
À ceux qui ont invoqué l'épisode de la femme adultère (Jn VIII, 1-11),
nous convenons que jusque là ils avaient raison.
Nous sommes tous
peu ou prou dans la situation de la femme adultère, avec nos faiblesses
et nos fautes. Reste à savoir quel usage nous en faisons ou quelle
correction nous y apportons, notamment lorsque nous avons à exercer des
responsabilités publiques : qu'on le veuille ou non, elles exposent
leurs détenteurs sur le devant de la scène et les contraignent à rendre
compte de leur mission, mais aussi de l'exemple qu'ils donnent. Toute
autorité est revêtue d'une dimension d'exemplarité qui est parfois très
lourde à porter ; mais on ne peut prétendre à l'une sans devoir assumer
l'autre.
Entre 2005 et 2009, M. Frédéric Mitterrand a changé de
statut : de personne privée, il est devenu une personne publique,
chargée d'une fonction ministérielle. Il est donc porteur d'une part de
l'autorité de l'État. Ce ne sont ni sa personne privée et ni ses
orientations sexuelles qui sont en cause, mais le ministre dans
l'exercice de sa fonction. Sans doute encouragé par les conditions dans
lesquelles il a été nommé ministre de la Culture et par la symbolique
que ses amis et confrères ont voulu y voir, il a lui-même créé
l'amalgame qui se retourne à présent contre lui.
2/ La
justification de la faute
En prenant publiquement et
officiellement la défense de M. Roman Polanski poursuivi pour viol d'une
enfant mineure de treize ans avec circonstances aggravantes, notamment
l'usage de stupéfiants, M. Frédéric Mitterrand a non seulement porté
atteinte à la souveraineté et à l'exercice de la justice dans deux pays
démocratiques et respectables, dérapage devenu banal, mais surtout il a
considéré que les faits en question étaient non répréhensibles, voire
excusables, au motif qu'ils avaient été commis par un grand artiste, et
il y a longtemps (« une affaire ancienne qui n'a pas beaucoup de sens
»).
Dès lors qu'il prenait cette position, il devenait légitime
qu'on s'intéresse à ses écrits antérieurs pour éclairer son comportement
actuel. Ils ont alors pris une autre dimension : a posteriori,
mais de façon certaine, ils prenaient une dimension justificatrice en
raison de leur contenu même. En effet ce contenu s'inscrivait dans le
même registre que celui qui devait être excusé chez un autre. Ainsi, on
était conduit à lire son expérience du tourisme sexuel, au cours de
laquelle il s'était rendu complice en toute lucidité de la traite des
jeunes gens et de leur exploitation sexuelle par des réseaux criminels,
non plus comme une confession, mais comme une revendication ou, à tout
le moins, comme une banalisation.
3/ L'alibi de la posture
littéraire
Appelé à se justifier, M. Mitterrand avait à
nouveau la possibilité de prendre de la distance par rapport à ses
écrits antérieurs pour montrer que l'homme public d'aujourd'hui
n'épousait pas les dérives passées de l'homme privé, mais assumait les
exigences de sa fonction de membre du gouvernement de la République. Il
n'en a rien fait, bien au contraire, comme l'illustre l'évolution de sa
défense depuis une semaine.
D'abord, il a traité la question par
le mépris.
Ensuite, par la dénégation.
Dans son entretien diffusé par TF1 le jeudi 8 octobre,
il a dénaturé les faits en déclarant qu'il n'avait pas commis de «
crime », mais simplement une « erreur ». En prétendant que ses amants
d'un soir n'étaient pas des enfants, mais des « adultes consentants »,
il a proféré un mensonge que son propre récit démentait à l'évidence
(partout, il évoque des « gosses »). Quant à la condamnation du tourisme
sexuel, prononcée du bout des lèvres et après que la journaliste qui
l'interviewait ait dû insister pour la lui arracher, elle n'était
manifestement que de circonstance.
Enfin, par l'euphémisation.
Interviewé dimanche 11 octobre, toujours sur TF1, lors de l'émission « Vivement dimanche », il s'est abrité derrière l'alibi littéraire. Qu'il ait voulu faire œuvre littéraire avec son ouvrage La Mauvaise Vie (Robert Laffont), et qu'il y ait montré du talent, est une chose certaine. Dès sa parution cependant, nul ne s'est trompé ni sur la nature autobiographique du récit, ni sur la véracité de son contenu qu'il n'a pas désavoué [1]. Il a poursuivi dans la mise en scène. Est-ce prendre de la distance ou exprimer des regrets que d'invoquer à présent « la bonne littérature qui ne se [ferait] pas avec de bons sentiments » ? Non, hélas ! surtout après les dénégations antérieures. On ne peut plus lui faire crédit : il y a là trop manifestement une posture à usage conjoncturel, fabriquée pour les besoins de la cause.
4/
La contradiction politique
Cette affaire pose
brutalement la question du statut politique et social du monde de la
culture, non en tant que tel, mais dans ses comportements les plus
déviants et dans sa façon de les utiliser par des transgressions
systématiques dont la visée est à la fois commerciale et revendicatrice.
Circonstance aggravante : ces transgressions opèrent avec la complicité
de l'État et des milieux politiques, toutes tendances confondues ou
presque.
Ces derniers jours, le ministre de la Culture a agi
comme s'il était normal que certains soient au-dessus des lois et
bénéficient d'une immunité particulière, précisément en raison de leur
appartenance à ce monde-là. La défense de M. Polanski devait donc
s'entendre comme un plaidoyer pro domo. La quasi-unanimité des
soutiens dont il bénéficie témoigne moins d'une indignation réelle ? on
sait comment cela se fabrique ? que d'une solidarité de fait dans la
banalisation de la transgression, et de l'emprise que les milieux
libertaires imprégnés de l'esprit soixante-huitard exercent sur le monde
culturel et politique, jusqu'au plus haut niveau de l'État.
Le
décalage est cependant très grand entre le monde
politico-médiatico-culturel et les réactions de base entendues partout,
même si on s'empresse de les étouffer. Si le Président de la République
persistait dans son refus de vider l'abcès, c'est-à-dire dans son refus
d'écarter M. Frédéric Mitterrand du gouvernement, il encourrait un réel
risque politique. Ce refus reviendrait à confirmer de facto l'immunité
revendiquée. Comment alors empêcher que d'autres s'en emparent à leur
profit et que l'État se trouve encore plus en porte-à-faux dans les
nombreux domaines où le rejet de la loi, et plus généralement des normes
naturelles élémentaires, tend à se généraliser ?
L'enjeu ne se
situe pas seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur de notre
pays : ce n'est pas pour rien que les soutiens à M. Polanski se sont
rapidement évanouis hors de France. Confronté à une contradiction aussi
flagrante au plus haut niveau avec ses engagements et sa politique
affichée, notre pays met sans doute sa crédibilité et la véracité de
ceux-ci en balance.
La culture véhicule l'image d'une société :
quelle est l'image que nous voulons donner de la nôtre ?
lettre d'un militant UMP à Xavier BERTRAND
Membre élu d'un comité de circonscription de la Haute-Garonne, je ne peux que me réjouir, avec vous, des performances des listes UMP pour ces élections européennes. Ce résultat est à mettre au crédit du Président de la république, certes, mais aussi à l'action des militants de base du mouvement. Or la stratégie annoncée par le président de continuer une ouverture à gauche, la jubilation de nos ministres quant à la percée du mouvement écologiste dirigée par un ancien révolutionnaire et un imposteur me font l'effet d'une injure vis à vis des militants de droite que nous sommes. Un article du magazine Valeurs Actuelles du 11 juin fait état d'une entrée possible ( ou quasi certaine) au gouvernement de Yann Arthus Bertrand et d'autres gauchistes.
Jusqu'où ira l'humiliation des citoyens qui ont porté Nicolas Sarkozy au pouvoir ?
Quelles compétences posséde l'auteur du film Home pour mériter l'entrée dans le gouvernement de la France alors qu'il a soutenu par son vote et favorisé par son action la percée d'Europe Ecologie. On croit réver !
Comme Al Gore, il n'y a pas de doute que derrière tout celà se trouvent des arrières-pensées économiques très terre à terre.
Chez Sergio Rossi, du groupe Pinault, on propose déjà des "escarpins écologiques" à 370 €, chez Gucci, un tee-shirt en coton bio marqué "Home" à 140 € .........Les 10 millions d'euros vont être rapidement épongés.
Nous sommes très conscient qu'il est plus qu'urgent de gérer correctement les ressouces de la terre mais en mettant l'homme au coeur de nos préoccupations et non pas en le désignant comme le coupable de tous les maux. Il y a une autre vision écologique que celle de Bové et Cohn-Bendit.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ses sentiments respectueux.
Philippe
INFO
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> ZENIT, Agence d'information
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>
> Les médias africains déplorent l’attitude des médias occidentaux
>
> Pendant la visite du pape en Afrique
>
ROME, Mardi 24 mars 2009 (ZENIT.org) - « Le Cameroun vient de boucler
avec une réussite insolente la troisième visite papale de son histoire »,
lit-on dans le Cameroon Tribune, après les quatre jours de visite de Benoît
XVI sur le sol camerounais, qui déplore en même temps la polémique engagée
par les médias occidentaux contre le pape durant cette visite.
>
> « Le Cameroun et l'Afrique ont vécu quatre jours si intenses et si
magiques, qu'ils peinent encore à en jauger l'insondable portée », souligne
Marie-Claire Nnana dans son article, convaincue que cette visite du pape en
Afrique est « une visite à succès, et un événement majeur qui marquera
l'Eglise et tout le continent ».
>
> « En posant l'acte d'amour que constitue sa visite, en nous assurant de
l'amour de Dieu, nous les damnés de la terre, le pape nous comble
d'espérance », souligne la journaliste.
>
> Mais « on ne décrira jamais assez le rapt inélégant et la parfaite
imposture des médias européens et en particulier français sur cette visite
», souligne-t-elle. « C'était le temps de l'Afrique. L'Afrique n'aspirait
qu'à la communion spirituelle et à la fête. Nos confrères se sont évertués à
ne mettre en lumière que les aspects les plus anecdotiques de cette visite,
les chiens écrasés, l'écume des jours », ajoute-t-elle.
>
> « Pas un mot sur le synode des évêques africains à venir, ni sur le
document préparé à cet égard par le pape », commente-t-elle. « Ils ont
parasité les ondes avec une polémique qu'ils ont créée de toute pièce. Car
en sortant de son contexte la déclaration du pape sur le préservatif, ils en
ont dénaturé la substance ».
>
> Autre exemple de sabotage stratégique reproché aux médias occidentaux :
avoir cherché, en Angola, à « éclipser le message apostolique en montant en
épingle une déclaration sur l'avortement thérapeutique ».
>
> « En résumant huit jours de visite en deux petites phrases, de préférence
celles susceptibles de remuer une opinion publique formatée, il y a un
risque de caricaturer et de fausser le message », souligne-t-elle. Et le
comble pour la journaliste c'est lorsque « ces médias déclarent parler au
nom des Africains ».
>
> « Non, merci, chers confrères, vous parlez pour vous-mêmes, et pour votre
public. Les Africains sont assez grands pour déchiffrer et critiquer, au
besoin, les messages du pape, afin d'en tirer la substantifique moelle. ».
>
> De plus, estime-t-elle, « les débats autour du SIDA et de l'avortement
sont trop importants pour les biaiser de cette manière, en les réduisant à
une polémique médiatique ».
>
> « Si nous décrions cet opportunisme chez nos confrères, ce n'est pas que
ces questions indiffèrent les Africains que nous sommes, précise la
journaliste du Cameroon Tribune, simplement, il nous semble peu fécond de
vouloir infléchir les prises de positions papales, parce qu'elles découlent
des principes moraux et de valeurs dictés par les évangiles dont il est le
gardien ».
>
> « Le pape, que les médias décrivent comme austère et peu charismatique,
nous a paru au contraire sensible à nos démonstrations bruyantes et sincères
», poursuit-elle. « Il les a reçues dans le tempérament qui est le sien :
tout en retenue, le geste peu emphatique, le regard ardent ».
>
> En conclusion la journaliste pense que « Benoît XVI en aura bien besoin »
de l'affection des fidèles Africains pour continuer sereinement sa mission,
dans une Europe, dit-elle, « dont il est le fils biologique, mais non pas
spirituel puisque cette Europe nie désormais la dimension spirituelle du
monde ».
>
> Isabelle Cousturié
Dé(sin)formation du jour :
Maintenant que la nuit tombe et que le calme s'impose après la tempête médiatique, lisons ce que précisément a dit le Pape et que l'agence de presse Zenit met en ligne ce soir. Les nombreuses "personnalités" qui ont fait aujourd'hui des vocalises sur le sujet et autres Castafiore du politiquement correct devraient comprendre qu'une nouvelle fois, la désinformation a frappé.
Précisions de Zenit :
"Voici la question du journaliste et la réponse de Benoît XVI, dans son contexte.
Question- Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du sida. La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?
Benoît XVI - Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Sant'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, aux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont à la disposition des malades... Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n'y met pas l'âme, si les Africains ne s'entraident pas, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d'augmenter le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un avec l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Église, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font".
Pas besoin d'explication de texte, mais simplement un soupçon de bonne foi.
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“Le leadership a été donné sans conteste à Nicolas Sarkozy”
Comment a été vue d’Allemagne la gestion de crise de la Présidence française ?
Vu d’Allemagne, il est clair que la performance du Président français, aussi bien dans la crise du Caucase que dans celle qui a ébranlé le système financier mondial, a montré la réactivité et d’une gestion de crise comme elle n’est possible qu’avec un grand État, car il faut avoir l’infrastructure qui permette de jouer ce rôle et la faculté d’être entendu.
Il y a eu un flottement de l’Allemagne au début de cette crise financière ?
Il y a eu d’abord la méfiance sur l’opportunité d’un directoire, avec le G4. Par ailleurs, Angela Merkel, en situation de cohabitation, connaissait moins bien l’état réel – et je pèse mes mots – des difficultés que connaissaient nos banques, et notamment Hypo Real Estate, car cela relevait plus du ministre des Finances, qui est du SPD. Il y a enfin un réflexe, qui date de Schroeder, qui a joué. Il se résume par : l’Allemagne ne doit pas payer pour les autres. Elle a pris la mesure des difficultés d’Hypo Real Estate à Paris, et a finalement opté pour la solution globale.
L’activisme européen de Sarkozy a-t-il surpris l’Allemagne ?
Non, on connaissait l’énergie inépuisable du Président français. Je pense que nous sommes dans une lutte larvée pour le leadership en Europe. Jusqu’alors, la méthode plus fine, plus diplomatique, de la chancelière allemande s’était toujours avérée payante. Mais cette fois-ci, c’est la première fois que la méthode la plus directe, la plus énergique, celle de Nicolas Sarkozy, l’a emporté : le leadership lui a été attribué sans conteste, ainsi qu’à son compagnon inattendu, le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Comment a été vu d’Allemagne ce compagnonnage franco-britannique ?
Ce n’était pas une surprise, puisque nous nous souvenions de la tentative de rapprochement franco-britannique lors de la visite d’État du Président français en Angleterre, en mars. La véritable – et divine – surprise fut la conversion de Gordon Brown à une solution européenne. C’est vrai que Nicolas Sarkozy a su rapidement s’accommoder de cette nouvelle donne pour faire pression sur la chancelière allemande, en emmenant Gordon Brown sur son bateau.
Dit-on en Allemagne que cette gestion de crise apporte la preuve de la nécessité d’une présidence forte pour l’UE ?
Tout à fait. On aborde d’ailleurs avec inquiétude la Présidence tchèque car c’est un nouveau membre, un petit pays où les eurosceptiques sont au pouvoir. On ne sait pas comment la République tchèque aurait géré une crise comme celle du Caucase, par exemple...
La Présidence française dans la crise, vue d’Europe
Après le conflit géorgien, le krach mondial a été la deuxième crise majeure à gérer pour la Présidence française. Si la presse européenne loue le volontarisme de Nicolas Sarkozy, elle souligne surtout la nécessité d’une présidence forte pour l’Union.
La capacité de la Présidence française de l’UE, au cœur de la crise financière, à mettre les pays de l’Union autour de la table et à faire en sorte qu’ils parlent d’une seule voix, a été saluée par la presse européenne, comme par les délégations présentes aux différents sommets. “Nous avons eu des retours très positifs, se réjouit Pierre-Jérôme Hénin, conseiller presse aux questions internationales de l’Élysée. La presse a salué le rôle de Nicolas Sarkozy, et a évoqué pour l’Europe l’idée d’un tournant. Que les choses ne seraient plus jamais comme avant.”
Pour Maroun Labaki, journaliste au quotidien belge indépendant Le Soir, Nicolas Sarkozy s’est “bien débrouillé” et a “agréablement surpris”. “Contrairement au début de la présidence française, il a joué collectif”, dit-il. La crainte de voir une France se bornant à défendre ses intérêts propres, “comme sur le dossier des quotas de pêche, ou sur l’Union Méditerranée”, a été forte. “Au plus fort de cette crise, comme dans celle qui a enflammé la Géorgie, « Sarko » s’est inscrit dans la logique européenne”, conclut Maroun Labaki. Même tonalité pour José Marti Font, journaliste au quotidien de centre-gauche espagnol El País : “Nous avons été étonné par l’efficacité de Nicolas Sarkozy, son dynamisme.”
Sarkozy crée la surprise
L’analyse diverge quelque peu sur les couacs du début et sur le G4 raté, réunissant uniquement la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Angleterre. Opposée à un plan de soutien, la chancelière allemande, Angela Merkel, a d’abord refusé la solution européenne. Mais la volonté de la Présidence française l’a emporté. “Nicolas Sarkozy a été, à ce moment précis, un très bon coordinateur”, dit Stefan Braendle, du Frankfurter Rundschau. Côté espagnol, José Marti Font rappelle que “ce G4 à Paris a été très mal compris en Espagne, puisque José Luis Rodríguez Zapatero n’était pas invité. Puis tout le monde a été réuni, justement à l’initiative de Zapatero, qui a demandé une réunion en urgence de l’Eurogroupe, et la collaboration entre les deux hommes a été bonne”.
L’image qu’ont les Espagnols de Nicolas Sarkozy en a été modifiée, selon José Marti Font : “Son côté hyperactif est passé pour de l’esprit d’initiative, et son côté imprévisible s’est transformé en pragmatisme.” Le journaliste du Corriere della Sera, Massimo Nava, par ailleurs auteur d’un ouvrage sur Nicolas Sarkozy (L’Homme de fer, Michalon, 2007), constate le même étonnement sur le Président français en Italie. “Nicolas Sarkozy était considéré auparavant comme un excellent politique dans les affaires intérieures, mais plutôt fragile sur le plan international, en raison de son manque d’expérience. C’est finalement le contraire : il connaît des difficultés en France, mais a donné la preuve d’une grande capacité à l’international.”
Massimo Nava évoque lui aussi les “deux plus grandes crises” qu’a connues l’Europe ces derniers temps : la Géorgie et le krach. “Le président Sarkozy a réussi à tenir l’Europe unie.” Affaire d’image, aussi, pour le correspondant du Frankfurter Rundschau, Stefan Braendle, “car l’image, c’est très important : Nicolas Sarkozy a parfaitement endossé le rôle d’un président du Conseil fort. Reste à savoir s’il ne pensait pas aussi beaucoup à sa propre image. Mais comme les pays européens ne s’en sont pas plaints…”
Que cette efficace gestion de crise mette en lumière la nécessité d’une présidence forte pour l’UE était la conclusion de l’éditorial du rédacteur en chef de l’édition européenne du Financial Times, John Thornhill, au lendemain de l’annonce du plan de sauvetage des banques. “Nicolas Sarkozy, en tant que titulaire de la présidence tournante de l’UE, a pu élaborer une position commune malgré les immenses différences de sensibilités qui caractérisaient les États membres. Ce style de leadership ad hoc, qui vient davantage des capitales européennes que de Bruxelles, s’est avéré étonnamment efficace à court terme. (…) La France a eu le poids nécessaire pour réunir une « coalition de volontaires » pour réagir aux évènements. Un des petits États en aurait-il été capable ?” s’interrogeait John Thornhill.
Pour une présidence forte de l’UE
“C’est une réalité historique : la gestion des intérêts communs par un grand pays est plus simple qu’avec des petits pays. Cela marche mieux. Il faut se souvenir aussi de la dernière présidence allemande, qui avait été très active”, rappelle le journaliste Maroun Labaki, du quotidien belge Le Soir. Les deux exemples consécutifs de la guerre en Géorgie et de la crise financière ont considérablement renforcé la nécessité pour les dirigeants européens d’avoir une présidence stable de l’UE tel que le prévoyait le traité de Lisbonne.
“Il est évident que la manière de gérer ces deux crises ont renforcé notre conviction qu’une présidence stable était nécessaire”, souligne Pierre-Jérôme Hénin, conseiller presse aux questions internationales de l’Élysée. “On ne peut pas travailler comme ça en changeant tous les six mois sur des sujets aussi importants. L’Europe, ce n’est pas simplement le plus petit dénominateur commun où on se repasse les trucs difficiles de présidence en présidence”, s’est d’ailleurs exclamé Nicolas Sarkozy le 16 octobre. José Manuel Durao Barroso, le président de la Commission, a alors reconnu la nécessité d’un “leadership pour les États européens” et a suggéré à Nicolas Sarkozy, pour la blague, de devenir le premier président permanent du Conseil. La proposition avait été faite par de nombreux éditorialistes à… l’Anglais Gordon Brown.
Dubitatifs sur le Bretton Woods II
“J’aurai l’occasion de proposer à mes partenaires, chefs d’État et de gouvernement, une réunion pour préparer les sommets” destinés à réformer, avec les États-Unis et les puissances émergentes, le système financier mondial, déclarait ce mardi à Strasbourg Nicolas Sarkozy. L’idée de fonder “un nouveau système financier mondial” – il a énoncé des premières propositions – laisse encore dubitatif les journalistes européens interrogés. Excepté le journaliste belge du Soir, Maroun Labaki, qui assure que “Sarkozy veut faire son Bretton Woods II ! Notre conjoncture est propice, et si des règles doivent être changées, c’est maintenant qu’il faut agir. Il ne faut pas oublier que la prochaine présidence de l’UE revient à la République tchèque…” Pour Stefan Braendle, du Frankfurter Rundschau, “le contenu de ce Bretton Woods bis est pour le moment bien faible”. “En Italie, les articles n’ont porté que sur le salaire des managers. Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il faut plus de règles… Surtout la gauche ! Il faut être prudent, car pour le moment, « refonder le capitalisme », cela reste un slogan”, dit de son côté le journaliste italien du Corriere della Sera, Massimo
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